La fermeture du Village de la Cité, annoncée le 7 octobre 2026, a bouleversé le paysage commercial de la Cité internationale de la gastronomie et du vin à Dijon. Pourtant, la boulangerie Le Moulin, la Librairie Gourmande et le cinéma Pathé poursuivent leur activité : trois trajectoires différentes, un même pari sur l’avenir.
À Dijon, des commerces de la Cité de la gastronomie tiennent bon
Depuis la fermeture du Village, certains visiteurs peuvent croire que tout le site a baissé le rideau. Les établissements qui restent ouverts rappellent une distinction importante : ils ne font pas partie de la même entité commerciale et continuent d’accueillir leur propre clientèle.
Cette résistance s’appuie sur des habitudes bien installées, mais aussi sur la capacité de chaque adresse à trouver son public. Pour mieux comprendre le parcours du site et les enjeux de sa relance, on peut aussi revenir sur l’histoire de la Cité de la gastronomie de Dijon et sur le rôle du Village gastronomique dans le projet.

Le Moulin mise sur ses habitués et de nouveaux débouchés
À la tête de la boulangerie depuis mai 2023, Mathieu Sureau se montre confiant malgré une fréquentation en baisse. Il explique que l’établissement a perdu entre 40 et 50 tickets de caisse par jour depuis la fin de 2024, mais qu’une clientèle fidèle continue de pousser la porte.
Pour consolider cette base, Le Moulin mise sur des prix accessibles, son offre de restauration du midi et des partenariats avec des organismes du secteur, comme Divia ou Orange. Son équipe compte désormais neuf personnes, avec l’objectif de développer les événements et le traiteur, tandis que des produits bourguignons pourraient être proposés dans d’autres points de vente du centre-ville.
La question de la fermeture revient souvent chez les clients, raconte le directeur, qui assure que la boulangerie entend rester là dans cinq ans. Cette confiance repose sur une stratégie concrète : élargir les occasions de venir, au-delà de la seule visite à la Cité.
Librairie Gourmande : une adresse qui garde son identité
Installée à Dijon depuis mai 2022, la Librairie Gourmande prolonge une histoire commencée à Paris en 1985. Sa propriétaire, Déborah Dupont-Daguet, avait été associée au projet dijonnais dès ses premières étapes, séduite par l’idée de faire dialoguer culture, cuisine et commerce.
La libraire estime que les difficultés du Village ont parfois brouillé l’image de l’ensemble du site. Certains visiteurs confondent les commerces concernés par la fermeture avec ceux qui restent ouverts, alors que la librairie possède, souligne-t-elle, sa propre existence et sa clientèle.
Des livres de cuisine en lien avec les expositions
Le pôle culturel constitue un relais important pour la librairie : une exposition sur l’alimentation ou la gastronomie peut donner envie de prolonger la visite par un livre. À l’approche des fêtes, les nouveautés et les ouvrages consacrés à la cuisine continuent ainsi de renouveler les rayons.
Pour redonner de l’élan au lieu, Déborah Dupont-Daguet défend davantage d’ateliers culinaires et d’activités pédagogiques. L’enjeu, à ses yeux, n’est pas de renoncer à l’ambition gastronomique du site, mais de proposer des expériences qui lui donnent pleinement corps.
Le cinéma Pathé, un moteur de fréquentation à part entière
Autre signe de vitalité, le cinéma Pathé Dijon enregistre une progression régulière depuis son ouverture. À la fin de septembre 2026, sa fréquentation avait augmenté de 26,5 % par rapport à la même période en 2025, contre 25,3 % à l’échelle nationale.
La directrice d’exploitation, Valérie Sutter, attribue cette évolution à la diversité des films, aux séances spéciales et aux retransmissions d’opéras, de ballets, de pièces de théâtre, de concerts ou de spectacles d’humour. Ces rendez-vous attirent des publics différents et donnent une raison de revenir, même sans prévoir une visite gastronomique.
Trois leviers pour soutenir l’attractivité du site
La boulangerie, la librairie et le cinéma ne répondent pas aux mêmes envies, mais leur présence dessine une offre complémentaire. Pour les commerçants, la suite dépendra aussi de la manière dont la Cité fera connaître ses activités et renouera avec les visiteurs qui se sont éloignés.
- Faire revenir les publics locaux grâce à des offres accessibles, des rendez-vous réguliers et des partenariats de proximité.
- Relier culture et gastronomie par des ateliers, des expositions et des propositions qui invitent à prolonger la visite.
- Clarifier ce qui reste ouvert afin que la fermeture du Village ne soit pas confondue avec celle de toute la Cité.
Les animations communes envisagées par le cinéma et les autres acteurs pourraient contribuer à cette dynamique. La relance de l’attractivité ne se jouera pas en un jour, mais ces établissements montrent qu’à Dijon, des activités et des publics sont toujours présents.





