Au Palais de la Bourse, la 18ᵉ édition des Trophées de la gastronomie et des vins a fait vibrer Lyon autour d’un thème fort : la place des femmes dans les métiers de bouche. Portée par une brigade entièrement féminine, la soirée a célébré onze lauréats et rappelé combien les talents culinaires contribuent au rayonnement du Rhône et de son terroir.
À Lyon, les cheffes au cœur des Trophées de la gastronomie
Le 2 novembre 2026, la salle de la Corbeille a accueilli cette soirée organisée par Le Progrès et les Toques Blanches lyonnaises. Pour donner corps au thème « Des femmes dans la gastronomie », quatre cheffes ont imaginé un menu à plusieurs voix : Tabata Mey, Viviana Pisacane, Carla Kirsch Lopez et Caroline Hubert.
Leurs univers se sont croisés dans l’assiette, de la cuisine mexicaine d’Alebrije aux inspirations franco-italiennes du Bœuf d’Argent, sans oublier la pâtisserie de Caroline Hubert. Le tataki de thon brûlé au raifort et au gel aigre-doux, associé au parcours de Viviana Pisacane, a notamment marqué les convives. Pour prolonger cette découverte, les tables et les vins qui font vivre la scène gastronomique lyonnaise offrent un bel aperçu de cette diversité.

Une brigade féminine, 320 menus et beaucoup d’énergie
Pour envoyer les 320 menus, le chef d’orchestre était Baptiste Pignol, directeur de la Maison Pignol. En salle, les apprentis de la Vatel Academy ont assuré le service avec un calme remarquable : le genre de précision qui permet à une grande soirée de rester aussi généreuse que fluide.
Cette mise en lumière des cheffes résonne dans une région où les Mères lyonnaises ont profondément marqué l’histoire culinaire. Elle rappelle aussi que la vitalité du secteur repose sur toute une chaîne de métiers, des producteurs aux sommeliers, en passant par les vigneronnes qui font découvrir les vins du territoire. La gastronomie se transmet autant par les gestes que par les rencontres.
Onze récompenses pour des talents du Rhône et d’ailleurs
Les onze récompenses ont distingué des parcours locaux, mais aussi des chefs venus d’autres horizons. Sandrine Huit, du café Lobut, a reçu le titre de Bouchon de l’année ; Tanguy Nourrisson, chef pâtissier du Neuvième Art, a également été salué, tandis que Luc Abadie a décroché le coup de cœur pour l’Epicurieux, à Curis-au-Mont-d’Or.
La Grande table de l’année est revenue à Christophe Hay, pour Fleur de Loire, à Blois. Alexandre Gauthier, venu de la Côte d’Opale, a été nommé chef de l’année : sa présence a symbolisé le pont entre son littoral et Lyon. Parrain de la soirée, le chef Yoann Conte a accompagné cette célébration des savoir-faire.
- Lola Trujillo a été sacrée apprentie de l’année ; sa cheffe Tabata Mey s’est précipitée pour la féliciter et l’embrasser.
- Emily Dader a reçu le Trophée de l’Espoir pour Trèfle, son restaurant végétal, signe encourageant pour une cuisine attentive au vivant.
- Christophe Hay a été récompensé pour sa grande table, dans une soirée où Lyon a accueilli des talents bien au-delà du Rhône.
Ces moments de joie donnent aux prix une dimension très humaine : derrière chaque distinction, il y a une équipe, un lieu et des années de travail. Les lauréats des Trophées de la gastronomie et des vins illustrent ainsi une scène culinaire vivante, nourrie de rencontres et d’échanges entre régions.
Le terroir lyonnais, un patrimoine à faire vivre
La soirée n’a pas seulement célébré les assiettes. À l’ouverture, Sophie Gourmelen, présidente du groupe EBRA, a annoncé la création du supplément mensuel Le Goût de Lyon, consacré aux bonnes tables et à l’art de vivre local. Christophe Marguin, président des Toques Blanches, a pour sa part rappelé la fragilité du monde de la restauration et la nécessité de soutenir celles et ceux qui le font vivre.
Dans une ville si attachée à ses bouchons, la reconnaissance des cheffes, des apprentis et des maisons indépendantes est aussi une façon de protéger un patrimoine en mouvement. Les récompenses de cette édition dessinent une gastronomie ouverte, où les vins, les traditions et les idées nouvelles se répondent : c’est là que le terroir lyonnais trouve son avenir.





