La déclaration de Pierre Rondeau a de quoi faire réagir les amoureux des fourneaux : il dit préférer une très bonne pizza à la cuisine française, qu’il juge « surcotée ». Dans Estelle Midi, ce point de vue relance un débat gastronomique qui dépasse la simple rivalité entre la France et l’Italie : que vaut notre patrimoine culinaire lorsqu’on le compare aux plaisirs de la cuisine internationale ?
Pierre Rondeau juge la gastronomie française « surcotée »
Autour de la table d’Estelle Denis et Charles Magnien, Pierre Rondeau explique faire partie des 23 % de Français qui ne placent pas la gastronomie française en tête. La séquence s’inscrit dans une émission consacrée à des sujets variés, de Parcoursup à La Marseillaise, où la question de l’art de vivre trouve naturellement sa place.
La formule est provocatrice, mais elle exprime aussi une préférence personnelle : celle d’un plat simple, bien exécuté, plutôt que le prestige associé à une tradition. Camille, notre lectrice fictive, pourrait lui répondre qu’une pizza napolitaine parfaitement cuite est irrésistible — sans que cela oblige à reléguer un bon pot-au-feu ou une tarte aux pommes au second plan.

Un chiffre qui nourrit le débat, sans résumer les goûts français
La proportion de 23 % est rapportée dans l’échange diffusé sur RMC, mais, sans détail sur la méthode ou le périmètre de l’enquête, elle ne suffit pas à décrire les préférences de tout le pays. Elle donne surtout un point d’appui à une discussion bien vivante : la cuisine française est-elle admirée pour ce qu’elle offre aujourd’hui, ou parfois pour sa seule réputation ?
Le mot surcotée frappe parce qu’il oppose la valeur réelle d’un repas à l’image parfois intimidante de la haute cuisine. Pourtant, entre un déjeuner de terroir, une baguette encore tiède et un grand restaurant, il existe mille façons de goûter la tradition culinaire française.
La cuisine française face aux idées reçues et aux cuisines du monde
Une des idées reçues les plus tenaces consiste à croire que défendre la cuisine française revient à refuser les influences venues d’ailleurs. Or, les tables françaises se sont toujours nourries d’échanges, et la curiosité pour les saveurs étrangères fait désormais partie du quotidien, de la pizza partagée au déjeuner aux cuisines d’Asie découvertes au restaurant.
Pour Camille, le choix n’est pas entre une assiette française et une assiette internationale : elle aime retrouver une recette de famille le dimanche, puis tester une adresse nouvelle la semaine suivante. Cette diversité est aussi explorée à travers les saveurs de la cuisine asiatique, qui rappellent combien les habitudes de table évoluent au contact d’autres traditions.
Ce que la pizza révèle de nos attentes à table
La pizza n’est pas seulement un symbole italien : elle incarne une promesse immédiate de convivialité, de générosité et de goût. Quand Pierre Rondeau dit préférer une très bonne pizza, il met ainsi en avant le plaisir concret de manger, plutôt que le classement des cuisines nationales.
À l’inverse, le patrimoine culinaire français ne se résume pas aux plats sophistiqués. Des recettes populaires, des produits régionaux et des gestes transmis de génération en génération composent un paysage aussi vivant que celui des restaurants étoilés ; certains plats emblématiques de la gastronomie française doivent d’ailleurs leur succès à leur simplicité autant qu’à leur histoire.
Tradition culinaire : défendre l’héritage sans figer la cuisine
La cuisine française possède une histoire et des savoir-faire remarquables, mais un héritage n’a de force que s’il continue d’évoluer. Les chefs d’aujourd’hui composent avec les saisons, les attentes des convives et des influences venues du monde entier ; la nouvelle génération de chefs illustre justement cette recherche d’équilibre entre transmission et invention.
Dans un restaurant de quartier, cela peut se traduire par une sauce classique allégée, un légume local cuisiné avec une épice rapportée d’ailleurs, ou un menu qui change au fil des récoltes. La tradition n’est donc pas une vitrine immobile : c’est une matière vivante, capable de surprendre sans perdre son ancrage.
Quelques repères pour dépasser le duel France-Italie
Plutôt que de désigner une cuisine gagnante, il est plus intéressant de regarder ce qui rend chaque repas mémorable. Voici quelques pistes pour apprécier la gastronomie sans se laisser enfermer dans les idées reçues :
- Privilégier l’exécution : une pizza, une blanquette ou un plat végétal convainquent d’abord par la qualité des ingrédients et la justesse de la cuisson.
- Explorer les régions : les spécialités locales révèlent une diversité souvent effacée par l’image uniforme de la « grande cuisine ».
- Accueillir les influences : la cuisine internationale enrichit les cartes françaises et invite à découvrir de nouveaux accords.
- Garder le plaisir au centre : un plat n’a pas besoin d’être prestigieux pour laisser un souvenir durable.
Ce petit itinéraire rejoint une question plus large : comment les habitudes changent-elles lorsque les convives cherchent à la fois le goût, la convivialité et l’authenticité ? Un quiz autour des cuisines du monde peut justement servir de porte d’entrée ludique à cette curiosité.
Une critique gastronomique qui invite à goûter plutôt qu’à classer
La sortie de Pierre Rondeau mérite d’être entendue comme une préférence assumée, pas comme un verdict définitif sur des siècles de cuisine. Elle rappelle qu’une critique gastronomique, qu’elle vienne d’un chroniqueur ou d’un convive, gagne à s’appuyer sur l’expérience : un plat goûté, un souvenir, une émotion, plutôt qu’une réputation répétée.
Et si la meilleure réponse à ce débat était de passer à table ? Camille choisirait une pizza généreuse un soir, puis un plat mijoté le lendemain. Entre ces deux envies, la cuisine française n’a pas besoin de revendiquer une première place pour continuer à séduire : elle doit surtout rester curieuse, généreuse et bonne.





